Observatoire du bonheur
Cahier n°2
Bonheur et petits bonheurs
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LE BONHEUR EST DANS LE PRÉ. COURS-Y VITE, COURS-Y VITE
-PAUL FORT

Le bonheur n’est pas un état mais une dynamique, une quête, une construction. Perdu ou en fuite mais, toujours et encore, désirable, espéré, recherché. En cela bonheur et petits bonheurs forment un couple et le premier, la notion idéale, ne s’éprouve peut-être qu’à l’aide des seconds.

C’est cette dialectique qu’a voulu explorer ce deuxième numéro des Cahiers de l’Observatoire du Bonheur, à travers cinq contributions qui, sur un axe chronologique large, de l’Antiquité au XXIe siècle, explorent des points de vue divers – philosophique, politique, musicologique, sociologique, littéraire. L’ensemble ne prétend pas aboutir à une définition univoque. La diversité des approches veut tracer le kaléidoscope des sens possibles du bonheur.

Pas de leçon donc mais des questionnements et des propositions. Au lecteur, par un effet de retour, de s’interroger sur ce qui, dans telle expérience familière, constitue son plaisir (premier stade du bonheur ?), sur ce qui, aussi, dans cet acte, dépasse une satisfaction éphémère et comment se dessinent, en son creux, l’horizon et le sentiment d’une plénitude. Ainsi dans l’audition d’une musique, la lecture d’un roman, la consommation d’un mets savoureux…

La recherche du bonheur ne devient-elle pas, enfin, pleinement humaine seulement quand elle émarge, au-delà du bien-être égoïste et un peu vulgaire, à la volonté des hommes de maîtriser leurs passions et de penser un régime politique dont le bonheur doit être un des principes fondamentaux ?

Car si on considère le bonheur comme une fin, à l’instar des philosophes antiques, il est une question d’éthique, une question de choix de vie – vie de jouissance, vie philosophique, vie politique. C’est le mythe de Paris, le prince troyen, dont la préférence pour la vie de jouissance grâce au don de Vénus, causa la guerre de Troie. À chacun de voir.

Gardons à l’esprit que « bonheur » ne désigne pas seulement la sensation du soleil estival sur une plage paradisiaque, mais qu’il est aussi un terme des Constitutions qui, au XVIIIe siècle, déclarèrent les hommes libres et égaux.

Ce Cahier, à la suite du premier, nous invite, in fine, à méditer sur ces deux polarités d’un mot trop souvent répété actuellement pour être neutre et innocent.

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